- Joseph Alois SCHUMPETER
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- Biographie
Joseph Alois Schumpeter est né le 3 février 1883
à Triesch, en Moravie. Son père, industriel de
la région, meurt très jeune en 1887 et c'est sa
mère qui veille à son éducation et à
son instruction, d'abord à Grat en Styrie, puis au lycée
de Vienne.
En 1901, Schumpeter entre à la Faculté de droit
et sciences politiques de Vienne en 1901, et il est reçu
docteur cinq ans plus tard. D'abord passionné d'histoire,
le jeune historien découvre l'économie pure. Ce
moment de sa vie est décisif, il s'oriente alors vers
les recherches abstraites. Cette double aptitude d'historien-sociologue
et au raisonnement abstrait marque toute son oeuvre.
Après avoir exercé quelques mois la profession
d'avocat auprès des tribunaux mixtes d'Égypte,
il rejoint l'Autriche.
Son premier ouvrage important (1908) : "Essence et Contenue
Principal de l'Économie Nationale Théorique"
(Das Wesen und de Hauptinhalt der Theoretischen Nationalokonomie),
révèle la double influence de l'école autrichienne
et de Walras. Cette publication lui vaut, quelques mois plus
tard, une chaire à l'Université de Czemowitz (1909)
puis à Gratz en 1911. Ensuite Schumpeter publie la "Théorie
de l'Évolution Économique" (Théorie
der Wirts Chaftlichen Entwicklung) en 1912. En 1913-1914, il
passe une année à Columbia, où il enseigne
comme professeur d'échange. L'année même
de la déclaration de guerre, il publie son histoire des
théories économiques : "Epochen der Dogmen-
und Methodenqeschichte".
Après la révolution autrichienne, Otto Bauer le
nomme Ministre des Finances. A la chute du Cabinet, il devient
directeur d'une grande banque privé à Vienne, qui
fait faillite en 1924.
En 1925, il accepte la chaire qu'on lui offre à l'Université
de Bonn où il enseigne jusqu'en 1934. En 1930 au cours
d'un voyage scientifique, il enseigne un semestre à l'Université
de Harvard, puis il y accepte une chaire, avec l'intention de
se fixer définitivement. Il y reste jusqu'à sa
mort en 1950. Sa vie désormais est entièrement
consacré à ses étudiants et à son
oeuvre.
Schumpeter "a accueilli et assimilé des aliments
très divers qu'il a trouvés dans cinq directions"
:
- Il s'est nourri des classiques anglais.
- Le second groupe dont il s'est inspiré est l'école
autrichienne.
- Puis vient la conception de Walras sur l'équilibre.
- Ensuite la littérature anglo-saxonne.
- Enfin l'économiste se double d'un historien et d'un
sociologue.
Schumpeter est un unificateur. Par rapport aux travaux de langue
allemande orientés dans deux directions générales:
l'une historique et sociologique, l'autre mathématique
et déductive, son originalité est d'avoir tenté
la synthèse des deux sortes de travaux." Par rapport
a l'ensemble de sa pensée économique, Schumpeter,
a tenté la synthèse du système de l'École
autrichienne et de celui de l'École de Lausanne d'une
part, de ces deux systèmes abstraits et du système
historique et sociologique de Werner Sombart et de Max Weber,
d'autre part".
L'auteur utilise l'apport des théoriciens de l'équilibre
tout en introduisant dans sa statique un fondement "sociologique
et non mécanique". Mais son circuit diffère
de la statique en son sens habituel. L'offre égale la
demande qui est connue par expérience, les techniques
n'évoluent pas, et les agents ont un comportement routinier.
Les biens décrivent à chaque période le
même circuit fermé, ne sont utilisés à
la consommation et à la production que les biens produits
à la période précédente et sont produits
ceux nécessaires à la période suivante.
Dans le circuit schumpéterien, il n'y a pas d'intérêt
car il n'y a pas de réserve de bien de production produit.
C'est par combinaisons nouvelles des facteurs de production que
Schumpeter passe du "circuit" à l'"évolution",
c'est à dire de la statique à la dynamique, ceci
peut se produire dans cinq cas :
- La fabrication d'un bien nouveau,
- L'introduction d'une méthode de production nouvelle,
- L'ouverture d'un débouché nouveau,
- La conquête d'une source nouvelle de matière première,
- La réalisation d'une nouvelle organisation.
J.A. Schumpeter définit "l'entreprise" comme
"l'exécution de nouvelles combinaisons". L'entrepreneur
est celui qui introduit une innovation dans l'industrie. Cet
entrepreneur innovateur schumpétérien est temporaire,
le temps que son innovation soit intégrée à
l'économie.
L'entrepreneur finance son innovation en empruntant, suscitant
de la part des banques une création monétaire.
"L'expansion du crédit provoque une hausse des prix
qui restreint la consommation des détenteurs de revenus
fixes ?", ce qui laisse une plus grande quantité
de facteurs affectables à la production. Le capital est
donc un fond de pouvoir d'achat créé par le banquier.
Puis l'entrepreneur rembourse son crédit avec la vente
du produit issu de la nouvelle combinaison.
Le profit est le supplément de valeur dû à
la réalisation d'une combinaison nouvelle, et sert à
la rémunération du capital: l'intérêt,
donc "il ne peut y avoir intérêt que s'il y
a profit"
L'apparition périodique des entrepreneurs et des combinaisons
nouvelles permet à Schumpeter d'expliquer l'alternance
cyclique des phases de prospérités et de dépressions.
C'est la succession d'innovation qui est à l'origine de
l'expansion économique. Les innovations étant d'importance
variable, l'auteur en conclut que plusieurs cycles coexistent
simultanément. Il distingue trois types de cycle:
le cycle long de 55 ans, cycle de Kondratiew. le cycle moyen
de 9 ou 10 ans, cycle de Juglar. le cycle court d'une quarantaine
de jours, cycle de Kitchin.
Abordant l'avenir du capitalisme, "J.A. Schumpeter, tout
en reconnaissant qu'économiquement le capitalisme est
viable et même bienfaisant, admet, en partant de l'observation
de ses modifications de structure et en tenant compte de facteurs
sociaux, la possibilité et même la vraisemblance
de sa transformation en un système qui ne serait ni le
socialisme pur, ni le capitalisme obéissant à ses
lois propres"
Principales oeuvres
Ouvrages
1908 - Das Wesen und Hauptinhalt der Theoretischen Nationalokonomie,
Dunker und Humblot, Leipzig.
1912 - La Théorie de l'Évolution Économique
(Theorie der Wirtschaftlichen Entwicklung), Traduction : J.J.
Anstett, Paris, 1935.
1914 - Economic Doctrine and Method.
1939 - Business Cycles : a Theorical, Historical and Statistical
Analysis of the Capitalist Process, 2 vols, McGraw-Hill, New
York .
1942 - Capitalism, Socialism and Democracy, Harper & Brothers,
New York, Rééd. 1947, Traduction : G. Fain, Paris,
1951.
1951 - Ten Great Economists, Oxford University Press, New York.
1954 - History of Economic Analysis, Oxford University Press,
New York, Traduction : J.C. Casanova dir., 3 vol, Paris, 1983.
1986 - Aufsatze zur Wirtschaftspolitik, Tubingen/J.C.B. Mohr.
Articles et Brochures
1909 - "On the Concept of Social Value", Quarterly
Journal of Economics, n°23.
1928 - "The Instability of Capitalism", The Economic
Journal, n°38.
1930 - "Mitchells Business Cycles", Quarterly Journal
of Economics Vol.XIV.
1931 - "The Present Word Depression", The American
Economic Review, Mars, Suplement du n°21.
1931 - "The Present State of Economics", Japonnais
et Anglais, The Yokumin-Keizai Zasshi.
1931 - "The Present State of International Commercial Policy",
Japonnais et Anglais, The Yokumin-Keizai Zasshi.
1927 - "The Explanation of the Business Cycle", Economica.
Bibliographie
R. Arena, L. Benzoni, J. De Bandt, P.M. Romani (l991) : (sous
la direction de), Traité d'Économie Industrielle,
pp.81-94, Economica.
A. Heertje : The New Palgrave, A Dictionary of Economics, pp.263-267.
C. Jessua : Anciclopedia Universalis, pp.540-541.
F. Perroux (1965) : La Pensée Économique de Joseph
Schumpeter. Les Dynamiques du Capitalisme, Librairie Droz, Genève.
F.M. Scherer (1992) : "Schumpeter and Plausible Capitalism",
Journal of Economic Literature, Vol XXX, Septembre, pp.1416-1433.
J.A. Schumpeter (1912) : "Le Cycle de la Conjoncture",
Texte tiré du dernier chapitre de la Théorie de
l'Évolution Économique. Commentaire de Geneviève
Schméder, Revue Française d'Economie 4, Vol.III,
1988, pp.195-237.
G.R. Swedberg (1992) : "Opening Doors :The Life and Work
of Joseph Schumpeter", Journal of Economic Literature, Vol.XXX,
Mars, pp.179-182.
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